PROCHAIN ÉVÉNEMENT

Hooray!

Roger et Marie Haynes de Neepawa au Manitoba recherchaient une façon de chauffer leur ferme et leur serre afin de produire des aliments toute l’année. Ils ont ainsi découvert un recouvrement de serre unique et les plantations de saules comme culture renouvelable. Le saule permet de produire, en peu de temps, de la biomasse en grande quantité, il est peu exigeant quant à la nature du sol et a un impact positif sur l’environnement. Le saule fournit la biomasse permettant de produire de la chaleur et de l’électricité, séquestre le carbone et possède un potentiel de biorestauration.
En 2006, la famille Haynes a établi des contacts avec des personnes de la région, du Canada et à l’étranger afin d’obtenir des conseils. « Nous avons appris beaucoup et avons découvert que ce n’était pas aussi simple que nous pensions, mais cela était possible, » explique monsieur Haynes. « Pour ce projet, nous voulions cibler les espèces pouvant pousser au Manitoba, définir le rendement en copeaux de bois produit par les différentes variétés et la façon de construire la machinerie requise. »
Nous avons appris énormément de ce projet, d’abord sur l’approvisionnement de clones de saules auprès de pépinières établies, puis sur le transport et l’entreposage corrects des boutures à des températures appropriées.  Une planche de semis bien préparée était requise pour planter les boutures de 20,32 cm (8 po) qui sont enfoncées entièrement dans le sol.  « Au Canada, les plantations sont actuellement effectuées presque entièrement à la main, car les planteuses d’arbres types sont peu efficaces, » indique monsieur Haynes. « La plantation d’une bouture de saule est semblable à l’action d’enfoncer un crayon dans le sol. On plante habituellement de 5 000 à 6 000 boutures par acre. Une personne laborieuse peut planter correctement à la main de 3 500 à 4 000 boutures par jour. »
En Europe ainsi qu’ailleurs, les producteurs utilisent souvent une planteuse sur ados, ce qui permet de mettre mécaniquement en terre 15 000 plants à l’heure.  « Ces planteuses prennent les plançons de saule, les poussent dans le sol et les coupent à la longueur voulue, » explique madame Haynes. « Au Canada, les stocks de plançons ne sont actuellement pas suffisants pour permettre la plantation, nous devons toujours compter sur les petites boutures, par conséquent l’utilisation de la planteuse n’est pas idéale. Mon conjoint fabrique actuellement une planteuse de boutures que nous pourrons utiliser. »
La production est également confrontée à un autre défi important, la lutte contre les mauvaises herbes. Jusqu’en 2011, il n’existait aucun herbicide certifié pour les plantations de saule. « Le Conseil du peuplier du Canada s’intéresse à cette question et tente de trouver des solutions pour les producteurs canadiens, » dit monsieur Haynes. « Lorsque nous avons réussi à endiguer les mauvaises herbes, la croissance du saule a été phénoménale; seize semaines après la plantation les tiges atteignaient 2,4 m (8 pi). »
Grâce aux conseils et à l’expérience de personnes du monde, la famille Haynes a recépé ou coupé les plantations de saules au ras du sol après douze mois. « Après le recépage, chaque pousse produit trois pousses, ce qui permet de multiplier rapidement les plantations, puis nous les récoltons après trois ou quatre ans, » mentionne monsieur Haynes. Madame Haynes ajoute que les saules doivent être récoltés lorsque les plants sont dormants et que l’énergie est retournée aux racines, ainsi les plants régénéreront. « La récolte des arbres avant la période de dormance peut abréger la vie de l’espèce végétale cultivée, » dit-elle.  « Une plantation de saules pérennes bien établie peut produire de 20 à 30 ans. »
Presque partout ailleurs dans le monde, on utilise une fourragère de ferme automotrice standard équipée d’une tête robuste adaptée à la récolte du saule. L’appareil permet de couper et de mettre en copeaux le saule en une seule étape. « Nous avons procédé à notre première récolte à la main, car nous n’avions pas de tête robuste spéciale, nous avons coupé les arbres avec des scies à chaîne et ils ont séché en tas pendant l’hiver, » mentionne madame Haynes.  « Après maintes déconvenues, nous avons dirigé avec succès la fourragère automotrice directement sur les tas, ce qui a permis de produire de beaux copeaux qui devraient brûler facilement. » Les rendements obtenus des deux variétés fournies par le Centre du développement de l’agroforesterie de Indian Head en Saskatchewan ont été satisfaisants pour la première récolte, nous avons obtenu en moyenne 2,27 kilos (5 lb) de matières déchiquetées par plant ou 11 tonnes par acre avec la variété Salix Viminalis et 1,36 kilo (3 lb) de matières déchiquetées par plant ou 6 tonnes par acre avec la variété Salix Acute.
Possibilités et défis de la biomasse de saules
Les marchés de la biomasse sont en expansion et les estimations provenant de l’Europe suggèrent que la biomasse ligneuse replacera la moitié des cent millions de tonnes de charbon utilisés chaque année dans les centrales énergétiques. « Le Canada est l’un des marchés considérés comme étant un fournisseur potentiel, » explique monsieur Haynes. « Notre climat et nos gels automnaux sont un avantage, car ils permettent d’utiliser la machinerie pour effectuer la récolte tardive sur les terres marginales. De plus, le port de Churchill au Manitoba est situé à environ 300 milles plus près de l’Europe par voie maritime que New York; les coûts d’expédition devraient être plus bas.  Je crois que nous pouvons fournir une partie de ce marché et ainsi offrir aux agriculteurs un choix de culture alternative sur les terres marginales. »
La famille Haynes reconnaît les défis que représente une production réussie et poursuit ses discussions avec d’autres producteurs et chercheurs partout au monde. L’adaptation de l’équipement d’ensemencement et de récolte, l’accès à des clones appropriés, les produits de lutte contre les mauvaises herbes et les brûleurs de biomasse appropriés, comme les plus récents fabriqués en Europe pouvant brûler des copeaux à un taux d’humidité de 50 % représentent encore certains des défis.  « Le Canada compte quelques petits producteurs avec lesquels il faudrait communiquer, » mentionne monsieur Haynes. « C’est avec plaisir que nous parlons aux personnes intéressées et nous tentons de les aider afin qu’elles évitent les erreurs que nous avons commises au début. Nous sommes également le fournisseur canadien d’un produit de recouvrement de serre unique pour l’Europe qui, en combinaison avec la chaleur de la biomasse de saules, permet de produire des aliments toute l’année même sous des climats nordiques. »